Introduction
Lorsqu’on parle d’éducation des enfants, on pense souvent à l’école, aux enseignants, aux activités éducatives ou encore à l’enseignement religieux. Pourtant, bien avant de franchir les portes d’une école, l’enfant fréquente déjà sa toute première salle de classe : son foyer. Et dans cette première école, ses premiers enseignants sont ses parents.
L’enfant apprend d’abord par l’observation et l’imitation. Dès son plus jeune âge, il regarde, écoute et reproduit ce qu’il voit autour de lui. Il observe la manière dont ses parents parlent, réagissent face aux difficultés, traitent les autres, expriment leur colère ou leur affection. Il remarque aussi la place que ses parents accordent à la prière, au Coran, aux invocations et aux valeurs de l’Islam dans leur quotidien.
C’est pourquoi l’exemple parental possède une force que les simples paroles ne peuvent pas toujours avoir.
1. Les enfants apprennent davantage de ce qu’ils voient que de ce qu’on leur dit
Il est difficile de demander à un enfant d’accomplir régulièrement la prière s’il voit ses parents la négliger ou la repousser constamment. De même, il est difficile de lui demander d’être honnête lorsqu’il est régulièrement témoin de mensonges, même lorsqu’ils semblent « sans importance ».
On peut dire à son enfant : « Sois patient », mais si celui-ci voit quotidiennement son parent s’emporter à la moindre difficulté, c’est ce comportement qu’il risque de retenir.
On peut lui dire : « Respecte les autres », mais s’il entend constamment des paroles méprisantes envers les proches, les voisins ou les autres personnes, il recevra un message bien différent de celui transmis par les mots.
L’enfant écoute les paroles, mais il observe surtout les actes.
Un parent qui ouvre régulièrement le Coran, qui accomplit sa prière avec sérieux, qui invoque Allah dans les moments de joie comme dans les épreuves et qui fait preuve de bonté envers les autres transmet à son enfant une forme d’éducation particulièrement puissante : une éducation vécue.
L’enfant ne se contente plus d’entendre parler de la foi. Il la voit prendre vie devant ses yeux.
2. Le foyer est le premier environnement qui façonne l’enfant
Aujourd’hui, beaucoup de parents s’inquiètent de l’influence des écrans, des réseaux sociaux, d’Internet ou des mauvaises fréquentations. Ces préoccupations sont légitimes. L’environnement extérieur peut effectivement avoir une influence importante sur l’enfant.
Mais avant de chercher uniquement à contrôler ce qui vient de l’extérieur, il est nécessaire de regarder ce qui se passe à l’intérieur de notre propre maison.
Quel exemple notre enfant voit-il chaque jour ?
Que voit-il lorsqu’il observe son père et sa mère ?
Voit-il des parents qui prient, qui se pardonnent, qui se parlent avec respect et qui se tournent vers Allah lorsqu’ils rencontrent une difficulté ? Ou voit-il principalement des disputes, des cris, de la colère et des comportements que nous lui interdisons pourtant d’adopter ?
Les premières années de l’enfant sont particulièrement importantes. Il passe énormément de temps auprès de ses parents et construit progressivement sa manière de comprendre le monde, les relations humaines, les responsabilités et la religion.
Avant que l’enfant ne soit influencé par le monde, il est d’abord influencé par son foyer.
3. Être un bon exemple ne signifie pas être parfait
Il est important de le rappeler : être un bon modèle pour ses enfants ne signifie pas être un parent parfait.
Chaque parent commet des erreurs. Il nous arrive de perdre patience, de nous énerver, de crier et, parfois, d’avoir des réactions que nous regrettons ensuite. Nous sommes des êtres humains avec nos faiblesses et nos imperfections.
L’essentiel est de ne pas considérer nos défauts comme une fatalité.
Un parent peut apprendre à demander pardon. Il peut reconnaître son erreur devant son enfant. Il peut montrer qu’après avoir commis une faute, on peut se remettre en question, corriger son comportement et demander pardon à Allah.
Cela aussi constitue une éducation.
Lorsque le parent dit à son enfant : « J’ai mal agi, pardonne-moi », il lui enseigne l’humilité.
Lorsqu’il montre qu’il peut maîtriser sa colère, il lui enseigne la patience.
Lorsqu’il se tourne vers Allah après une difficulté, il lui enseigne la confiance en Allah.
Lorsqu’il fait preuve de bonté sans attendre quelque chose en retour, il lui enseigne la sincérité.
L’enfant n’a donc pas besoin de voir des parents parfaits. Il a besoin de voir des parents qui cherchent sincèrement à s’améliorer.
4. L’éducation des enfants commence par l’éducation de soi-même
Nous souhaitons tous que nos enfants deviennent des personnes pieuses, respectueuses, honnêtes, patientes et bienveillantes. Mais une question mérite d’être posée :
Cultivons-nous nous-mêmes les qualités que nous souhaitons voir chez nos enfants ?
Nous voulons qu’ils aiment la prière : quelle place lui donnons-nous dans notre propre vie ?
Nous voulons qu’ils disent la vérité : sommes-nous honnêtes dans nos paroles et nos actes ?
Nous voulons qu’ils respectent leurs parents : leur montrons-nous nous-mêmes le respect envers nos propres parents et envers les autres ?
Nous voulons qu’ils maîtrisent leur colère : comment réagissons-nous lorsque les choses ne se passent pas comme nous le souhaitons ?
Nous voulons qu’ils aient une relation avec le Coran : quelle relation entretenons-nous personnellement avec la Parole d’Allah ?
Ces questions peuvent être difficiles, mais elles sont nécessaires.
Car l’éducation ne consiste pas seulement à corriger l’enfant. Elle consiste aussi à se corriger soi-même.
5. Ce que nous faisons aujourd’hui peut devenir leur comportement de demain
Les enfants sont comme des miroirs : ils peuvent nous renvoyer, parfois avec une étonnante précision, ce qu’ils ont observé chez nous.
Une expression, une manière de parler, une réaction face à la colère, une habitude, une façon de traiter les autres… Beaucoup de choses que nous pensons anodines peuvent être enregistrées par leur jeune esprit.
C’est pourquoi chaque parent devrait régulièrement prendre un moment pour s’interroger :
« Si mon enfant reproduisait exactement mon comportement quotidien, serais-je satisfait du résultat ? »
Cette question n’est pas destinée à culpabiliser les parents. Elle doit plutôt nous pousser à prendre conscience de notre responsabilité.
Car nos enfants n’apprennent pas seulement de nos discours. Ils apprennent de notre vie.
Conclusion
La première école de l’enfant n’est donc pas celle qu’il fréquentera quelques années plus tard. C’est sa maison. Ses premiers enseignants ne sont pas ses professeurs : ce sont ses parents.
Chaque prière accomplie, chaque parole prononcée avec douceur, chaque pardon accordé, chaque difficulté affrontée avec patience et chaque comportement conforme aux valeurs que nous souhaitons transmettre constitue une leçon silencieuse.
Nous pouvons multiplier les conseils, les rappels et les enseignements. Mais lorsque nos actes sont en contradiction avec nos paroles, l’enfant remarque cette contradiction.
Les paroles enseignent, mais l’exemple marque les cœurs.
Alors, avant de nous demander ce que deviendront nos enfants demain, demandons-nous sincèrement :
Quel exemple suis-je en train de leur donner aujourd’hui ?
Car peut-être que la meilleure façon de changer l’avenir de nos enfants commence simplement par changer quelque chose en nous-mêmes.


